Les séries 2012-2013

LA SERIE ALZHEIMER

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Hopital Notre-Dame Montréal

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Institut Douglas

LA SERIE NOIRE

 C’était l’hiver dernier au mois de février  je crois, il faisait froid et surtout un blanc lourd  recouvrait tout depuis trop longtemps.

Je ne m’explique pas bien pourquoi  chaque année cette couleur  amène, chez moi mélancolie et stress… Peur de la toile blanche ? De l’absence ?  De la mort ?  Manque du pays?

Je ne suis pas de ces filles à s’apitoyer trop longtemps sur  leur sort. Je décide alors,  de soigner le mal par le mal. Mes peintures seraient blanches et noires. J’ y ai rajouté du gris et de la feuille d’or, un peu de rouge parfois (il ne faut pas exagérer,  tout de même ! :))

 La série noire venait de naître.
Le voyage fut merveilleusement douloureux . J’ai scarifié le noir , je suis allée chercher  la lumière de la toile vierge. Le blanc  est devenu respiration, essentiel à l’équilibre de la peinture. 
En espérant que  je ne verrai plus l’hiver au Québec de la même manière. Je vous dirai !
 
Acrylique,  fusain, graphite, encre de chine,  feuille d’or sur toiles scarifiées.

LES COLLAGES

Là-bas, les couleurs  sont si intenses  et pures, qu’elles en font mal aux yeux.

Là-bas,  l’air est si transparent et léger  que parfois quand on regarde la mer  au loin, on voit se dessiner  la Corse.

Là-bas,   les gens  parlent trop  fort et  rient pour rien.

Là-bas, j’utilisais les pigments  purs  recherchant le contraste le plus violent, mettant  ma peinture en compétition avec la lumière méditerranéenne (c’était toujours elle qui gagnait).

C’était normal !  C’était  là-bas, c’était  chez moi.

A mon arrivée à Montréal, en fin d’hiver 2009,  il faisait froid,   et je m’attendais bien à ce que tout   soit  différent.

C’était normal, c’était chez eux et chez eux je devais apprendre à vivre comme eux.

J’étais prête à m’intégrer.

Mais,  à aucun moment en quittant la France, je  pensais  que j’aurais à revoir  toute mon expression artistique.

L’art est universel, non ?

Et pourtant…

Ici, mes couleurs étaient criardes, vulgaires, totalement inappropriées indécentes de légèreté.

Immigrer est un traumatisme, une déchirure, plus encore   pour un artiste.

Se déraciner sans se perdre est un défi. Comment  exprimer sa vérité sans rien connaitre à son environnement ?   Comment s’intégrer sans se renier?

Peut-on peindre de la même manière qu’on soit à Nice ou à Montréal ?

En gros, comment rester loyal envers soi-même,   tout en se laissant influencer par un nouvel environnement ?

Fille de l’incertitude,  pour moi rien n’est jamais acquis,   je suis toujours prête à remettre en question, à balayer, à refaire… Mais là, je n’avais pas de réponse. Faute de solution, je  choisis d’arrêter de peindre…

Juste, pour ne pas  être renvoyée à  un statut d’immigré alors que je l’étais   et que je  ne comprenais rien au fonctionnement de ce pays.

Juste pour ne  pas être dans le camp des artistes folkloriques, ceux qu’on regarde comme des bêtes curieuses, ou pire avec dédain.

Jusqu‘au jour où, je me suis retrouvée   nez à nez avec un carton  de partitions anciennes, achetées  dans une petite boutique  de la rue Lépante à Nice. Camaïeux prémonitoires,  de blanc, gris, ocre jaune, les couleurs du Québec, quoi !

Naturellement, j’entreprenais  une série de collages. Les partitions seraient ma palette. Ce fut ma solution, la première.

Et pour la première fois, j’avais l’impression d’apprivoiser   un peu, le blanc, de 5 mois de neige par an , d’être  un peu dans le ton🙂.

 Les collages