L’histoire du tablier rouge

Il y a des artistes qui arrivent à travailler, sans rien, je veux dire sans tablier.

Ils peignent proprement … Ou  se fichent royalement d’avoir de la peinture sur leurs fringues, ce dont j’ai horreur. Je trouve que c’est un peu comme avoir son menu sur la chemise… ça n’intéresse personne.

Quand je peins,  je suis  autiste,  plus rien n’a d’importance que l’objet de mon travail. Comme je n’aime pas avoir des chiffons partout,   j’essuie mes pinceaux avec ce que j’ai sous la main,  mon tablier.

Le tablier rouge m’a été offert  il y a de très  nombreuses années (15 ans peut être) par mes amis Anna et Diego, la qualité est incroyable !

Plusieurs fois,  j’ai essayé de le changer. Une fois pour un bleu très beau et solide, en toile de jean avec une grande poche, payé une fortune. Une autre fois pour un rayé multicolore,   pas mal non plus….

Mais bon voila, impossible de me débarrasser du vieux !

A croire qu’il y a de l’amour entre nous ! J’aime son poids et cette espèce de carcan de peinture,  qui m’oblige à rentrer le ventre.  Avec le tablier rouge , c’est magique je ne réfléchis plus pareil, je suis une artiste !

Je me suis résignée, je  le garde.

En plus, il est beau, vous ne trouvez, pas ?

Les photos ont été prises par mon amie Annelies Van Den Broek