J’aime mes toiles jusqu’à ce qu’elles soient terminées…

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L’atelier est silence ,

Dans un coin, les toiles sont alignées par  ordre de taille, préparées de gesso,  puis noircies…Elles attendent leur moment, une identité.

J’en prends une, la repose, un autre  peut être…L’hésitation est courte, l’idée m’est apparue,  évidente …Mes peinture sont inscrites , à la queue leuleue dans ma tête , elles attendent  leur tour.

Le  bonheur est cet  instant précieux  ou seul compte l’ échange entre la   toile  et moi,   … entre moi et moi, solitude bienveillante.

Je  trace l’image  d’instinct  à la  craie jaune sur fond  noir,  sans modèle. Peu m’importe la réalité, je dessine , je peins   comme je suis,   imparfaite, incontrôlable,  honnête.

Les première couleurs sont neutres :  blanc, ivoire,  couvrant le noir.. je me repère, j’envisage, j’anticipe… le geste est rapide, le pinceau rugueux,  grossier, la peinture fine.

La mécanique est rodée, j’en connais chaque étape , je laisse faire , autiste à l’entourage.

Puis le fusain, contraste facile,  de la poudre noir  sur le blanc .. mes mains  à même la toile,  mélangent, malaxent, dialogue subtil avec  la matière  … travaillent les valeurs, l’ intensité des gris.

La couleur s’invite alors, « au pot » jamais de palette, elle est jetée sur la toile,  d’abord sale à cause du fusain puis elle prend  sa puissance,  le noir  du début est lavé, oublié. Autour, de moi les pots de peinture à même le sol s’accumulent  …

Les volumes sont  disséquées , contrastée, évidents dans l’affrontement formes- couleurs…

Retour à la réalité, … je sors de ma torpeur,   me juge ,  sans sentiment,  réaliste jusqu’au masochisme,   jamais de cadeau.. jamais de compromis, jamais contente… !

Je retourne  dans l’arène,  entoure chaque forme ,  le violet d’abord . Couche la toile,  le pinceaux s’ est affiné,  de celui de peintre en bâtiment du début je suis passé par toutes les formes .

Je commence «  le travail du noir ». La main doit être sûre,   le trait fort ,    fil  conducteur,  constructeur, colonne vertébrale de la peinture.

Je suis a genoux,   ma main est  respiration .  Elle ne doit pas trembler, j’expire  et je trace. Obsession du trait,  pur, sans faille,  comme je veux , maîtrisé.

J’aime mes toiles jusqu’à ce qu’elles soient terminées, après je ne les aime plus, elles doivent vivre  leur vie !….  Alors, j’en prends une autre.