L’article sans intérêt.

Je vous aurai averti ce  texte ne  présente aucun intérêt . Malheureusement pour vous,  je n’avais rien à dire de plus intéressant.
Mon atelier c’est Tchernobyl , un champ de bataille , sauf trois fois par an,  quand je le range. Chaque chose  doit alors  être à sa place .
Pour ça, il faut que je sois dans un état d’esprit particulier  : ou  très en forme, c’était le cas hier ;  ou totalement déprimée (quitte à  être mal autant l’être pour quelque chose).
La première étape est de foutre tout au milieu.
Le bordel du début devient alors apocalyptique, un big crunch , la fin du monde!
La  seule solution : sortir les  sacs  poubelle de 100l.
Je jette , frénétique, mes vieux croquis, vieilles notes, vieilles factures (qui n’ont rien à faire ici et qu’à coup sûr je chercherai dans quelques temps), les pots à moitié vide mais sec (car mal rebouchés), les bombes, les pinceaux inutilisables (à l’attention de mes amis : il serait vraiment  plus utile de m’offrir des pinceaux (ceux de peintres en bâtiments  dans les magasins de bricolage font  très bien l’affaire) plutôt que des fleurs qui se fanent et dont je me fous éperdument, merci quand même pour tous les jolis bouquets … )»  Je suis impitoyable , quitte à  le regretter après, madame propre,  une tornade blanche.JE JETTE !
Puis,  je fais des ensembles : pinceaux  avec  pinceaux, acrylique avec acrylique, huile avec huile et ainsi de suite. C’est incroyable, le nombre de trucs dont j’ai besoin.
Arrive  le jeu des chaises musicales, ça se complique,   chaque rubrique doit prendre une place,jamais la même , je suis créative. Les meubles tournent. L’atelier devient « atelier témoins » nickel.
Comme pour me récompenser, je retrouve toujours quelques trésors perdus, pour cette fois une bague en argent  dont j’avais fait le deuil et  du papier japonais planqué sous une pile de vieux journaux.
A ce niveau des ‘opérations,  il ne me reste plus qu’à  mettre  en place mes objets fétiches : la photo de ma grand-mère Fernande à  20 ans , elle me fait rire avec sa coupe de cheveux improbable et son demi sourire..
Un bouda ramené il y a 10 ans d’un  voyage en Thaïlande ; une boite en porcelaine chinoise, cimetière à dents de mes enfants.
Je suis contente, c’est joli, ça sent bon. Je sais pourtant que demain je ne  trouverai rien, Le bordel, c’est moche, déprimant ,  mais on s’y retrouve tellement mieux même si je dois enjamber mes pots de peinture au sol . Seul les artistes savent à quel point le travail de peintre est physique.
Heureusement,  demain tout  redeviendra  ordre-désordre un peu comme dans l’histoire de Cendrillon . Le naturel sera au rendez vous.
Si vous avez lu jusqu’à la fin vous êtes masochiste.chatmarin